« Choisis la pilule bleue et tout s'arrête, ou choisis la pilule rouge, et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre…»
Évidemment, il a fallu que ce jeune combo lillois choisisse la solution la moins paradisiaque, et ses sombres ravages sonores nous le font savoir, tentant de nous libérer quelques instants de l'emprise du « spectacle », en délivrant une musique remplie de rage, acharnée mais tout aussi aboutie. Durant chaque morceau, on perçoit ainsi cette atmosphère apocalyptique à la fois angoissante et déstabilisante, qui ne fait qu'amplifier la beauté de leur univers musical.
Faits de constructions complexes et très saccadées, leurs morceaux demandent une écoute en profondeur tant la musicalité est riche et variée tout en s'inscrivant dans un style très screamo hardcore. Mais ce qui est prenant dès la première écoute, c'est cette grande coordination entre les percutants roulements de batterie, le son très abrasif de la guitare et les vocalises du chanteur, parfois emo, parfois screamo, et faisant écho à Baudrillard sur « le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir ».
Le groupe sort bientôt son premier album toujours dans le même esprit musical que ses précédentes démos, en mêlant son punk hardcore progressif aux parties plus mélodiques, une sorte d'enfant perdu de Glassjaw, qui souhaite nous entraîner dans un conte obscur sur la crise de la condition humaine, bien plus réelle qu'imaginaire.